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Portrait dans la revue Air Caraïbes

Paul Elliott Thuleau, peintre des cases.

Par Hélène Leprisé

De sa formation d’architecte initiale, Paul Elliott Thuleau a gardé une certaine attention à la forme. Depuis son installation à Saint-Martin il y a près de vingt ans, son regard ne s’est jamais lassé de ces modestes maisons tropicales et les cases qu’il photographie aux quatre coins de la Caraïbe sont devenues son domaine, un lieu ténu et simple où il peut explorer la quête de la lumière, les vibrations de la couleur.

À 55 ans, l’artiste a fait du chemin depuis ses débuts à Paris dans un atelier de gravure, sa période nippone et ses années new-yorkaises. De ces expériences multiples,il a rapporté un style épuré, inspiré du Japon, le goût des grands formats à l’américaine et une certaine idée de l’harmonie plus européenne. Ces toiles remplies de lumière qui semble presque en jaillir sont silencieuses ; la vie, pourtant, transparaît par petites touches : une risée dans du linge, un personnage immobile, une chaise vide, une ombre projetée…

Sur ces façades prises de face, presque sans effet de perspective, la palette de l’artiste se concentre sur la composition quasi géométrique et le rapport des couleurs. La toile est un monde en soi, mais en même temps une échappée. La fenêtre s’ouvre sur la mer ou se ferme sur l’intimité. Il y a parfois des scènes de vie, minimales, comme suspendues à un fil : un enfant, bouche ouverte, criant sur une véranda, une femme adossée à sa porte. Ailleurs, presque des clichés kodachromes :la devanture d’un coiffeur, d’un bureau de loterie…

La force de la composition, sans détail superflu, évite la mièvrerie et donne à ces sujets un souffle, une certaine distanciation comme si la réalité avait été vidée de sa brusquerie et s’offrait un instant de solitude. Paul Elliott Thuleau serait-il un Edward Hopper lumineux ?

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